Le Travet 08 juin 2019

Et hop, nouvelle sortie macro dans le Tarn. Celle-ci m’a fait découvrir presque 30 nouvelles espèces d’insectes et autres arthropodes. Direction Le Travet, à côté de Saint-Antonin-de-Lacalm.

La balade avec le plan ici : http://www.tourisme-centretarn.fr/randonnees/le-chemin-des-vallees/

On commence dans le village, que l’on quitte rapidement pour longer des champs, délimités par de petites haies sauvages intéressantes.

Là, je rencontre ma première Platystoma seminationis. Lors de leur parade, ces mouches exécutent une danse assez drôle, se tournant autour, s’accouplant, se retournant autour… Elles s’embrassent même sur la trompe ! Mais je n’ai pas eu la chance d’assister à ce spectacle. Les larves se nourrissent de matière végétale en décomposition. L’espèce se reconnait assez facilement par rapport aux autres du genre grâce à leurs pattes entièrement noires, les autres ayant les basitarses (le plus grand et le premier des derniers segments après le tibia) jaunes. Je l’ai aussi trouvée beaucoup plus petite que celles que j’ai l’habitude de voir.
C’était aussi la fête aux Syrphes ceinturés (Episyrphus balteaus). Facilement reconnaissables aux lignes noires en forme de moustaches sur l’abdomen, la plupart des individus de cette espèce migrent pour hiverner vers le sud, traversant les Alpes et les Pyrénées.

Il y avait un sacré rassemblement sur ce pissenlit.
Les orties attirent plusieurs panorpes. Voici tout d’abord un mâle de Panorpe méridionale (Panorpa meridionalis), reconnaissable pour le mâle au 6ème segment (le dernier bien noir) rectangulaire, suivi d’un premier segment orange conique.
Puis un autre mâle, d’une nouvelle espèce pour moi : la Panorpe commune (Panorpa communis). Pour cette espèce, le mâle a le 6ème segment conique. Il y a d’autres critères à regarder, comme la forme des hypovalves et les taches des ailes (cliquez sur son nom pour en savoir plus).

Les orties étaient pleines de chenilles de Paon du jour (Aglais io).
La haie (sur la droite de la photo de paysage) attirait d’autres visiteurs.
Ce superbe coléoptère, de la famille des Buprestidae. On le rencontre souvent sur les prunelliers, la larve se développant dans le bois de plusieurs arbres fruitiers, mais avec une préférence pour le genre Prunus. Son petit nom : Ptosima undecimmaculata.

Une petite mouche de la famille des Tephritidae se baladait sur les feuilles du même arbuste. Elle se nomme Tephritis formosa. Le genre est assez complexe, mais celle-ci se reconnait assez facilement grâce à la disposition des taches de ses ailes.Les larves se développent sur les Laiterons (Sonchus sp), la Crépide capillaire (Crepis virens) et la Porcelle enracinée (Hypochaeris radicata). On voit bien l’ovipositeur noir au bout de l’abdomen qui indique une femelle.

Les hautes herbes grouillaient de Cercopes sanguins (Cercopis vulnerata). Les larves de cette espèce ne sont pas aussi visibles que celles de ses congénères, car elles sont situées dans le sol, près des racines. Elles sont quand même recouvertes de cette écume appelée « crachat de coucou ».
On avance un peu, le paysage est sensiblement le même sauf que l’étendue d’herbes hautes est peut-être plus importante.
Un piquet de clôture en bois a attiré une femelle de Faucheux urnigère (Phalangium opilio). Les opilions ne sont pas toujours simples à identifier. Pour celle-ci, le dessin de la selle, l’ocularium épineux et d’autres critères comme la présence de denticules supra chélicéraux (les deux petites pointes blanches entres les pédipalpes visibles sur la photo de face) ont aidé à sa détermination. Pour plus d’infos, cliquez sur son nom.

Un coléoptère adepte de fleurs, Omophlus lepturoïdes. Reconnaissable d’une autre espèce proche grâce à la forme des son pronotum et à la largeur du bourrelet sur celui-ci. Les larves vivent dans le sol.

Deux superbes papillons volent le long du champ. Ce sont des Panthères (Pseudopanthera macularia) , inconfondables.
Un gros syrphe se pose dans les hautes herbes. Son nom est Caliprobola speciosa. Les larves se développent dans les souches et les racines en décomposition.

Des chenilles de Bombyx laineux (Eriogaster lanestris) étaient en groupe sur un arbuste. Elles vivent en communauté dans un abri de soie.
Un mâle de Micrommata ligurina, assez sombre.

Un joli coléoptère assez commun sur ombellifères, le Sténoptère roux (Stenopterus rufus).

Quelques Coccinelles des friches (Hippodamia variegata) se baladent sur les tiges.
Un beau mâle d’Oedémère ochracé (Oedemera podagrariae), avec ses grosses cuisses.

Toujours sur ombellifères, première rencontre pour moi avec Lestica clypeata. La tête en forme de clou et le tarse 1 élargi indiquent un mâle. Ces hyménoptères nichent dans le bois mort et capturent des papillons, de préférence des Crambidae, pour nourrir leurs larves.

On commence à rentrer dans une zone légèrement plus boisée.

Une chenille de Cul brun (Euproctis chrysorrhoea) sur un piquet en bois. Elle est très polyphage.
Une autre superbe chenille, sur une plante basse. Très polyphage aussi, elle peut changer de plante hôte au cours de son développement. Le papillon vole d’août à avril, donc aussi en hiver. Le Bois-sec (Xylena exsoleta).
Sur un roncier, une Punaise des noisettes (Gonocerus acuteangulatus).
Dans les herbes, une autre espèce de cercope, Haematoloma dorsata. je n’ai que très rarement croisé cette espèce. Les larves sont en terre enveloppées de mucus, elles se nourrissent de racines (comme l’espèce précédente). Les adultes se nourriraient sur les aiguilles de pin.
On arrive sur une jolie prairie.
Là, un Agapanthia cardui ou suturalis (les deux espèces sont très proches) se tient sur une tige.
Un très beau syrphe, reconnaissable entre autres à la forme de ses lunules jaunes sur l’abdomen. Le Syrphe pyrastre (Scaeva pyrastri). Les larves se nourrissent de pucerons.

Bien plus souvent entendu que vu, le Grillon champêtre (Gryllus campestris) avec sa grosse tête.

L’autre côté du chemin est bien différent, avec pas mal de genévriers.
Là, se trouve une autre punaise du même genre que la précédente : Gonocerus juniperi. Elle est plus vivement colorée que sa congénère.


Sur le chemin de terre, une Halicte de la scabieuse (Halictus scabiosae). Reconnaissable à sa double bande de pilosité sur les tergites.

Une grosse femelle de Criquet noir ébène (Omocestus rufipes) se tient dans les herbes au bord du chemin.
Autre cicadelle que l’on trouve sur divers arbres et arbustes : le Cercope de l’aulne (Aphrophora alni).

Un diptère de la famille des Conopidae, Conops vesicularis. Cette espèce est parasite des frelons et aussi de bourdons. Avec un abdomen jaune, c’est un mâle, celui des femelles est plus sombre.

Une belle vue avec une maison perdue dans la forêt.
Dans les herbes, une jeune sauterelle. On n’ira pas plus loin que la famille (Tettigoniidae), avec ces couleurs cela doit bien être représentatif d’une espèce ou d’un groupe d’espèces, mais je n’ai rien trouvé à ce sujet.
Galopant sur le chemin, ce superbe Carabe doré (Carabus auratus). Un amateur de gastéropodes et de vers de terre.

Pause déjeuner à cet endroit.
Un Cerambycidae se balade au sol à toute allure. Son nom est Rhagium sycophanta. La larve se développe dans les souches de chênes. Il existe d’autres espèces proches, il faut examiner le dessus des élytres, les tempes et la couleur (variable) pour arriver à l’espèce. Plus d’infos sur sa fiche.

Une belle saltique arpente la zone également. C’est une Heliophanus tribulosus. La femelle se reconnait facilement à ses pattes entièrement jaunes, sans lignes noires, et à ses joues glabres et rouges.

On commence ensuite à vraiment rentrer dans la forêt.
Petit hyménoptère assez coloré, Arge cyanocrocea, dont les larves se nourrissent de ronces. Là aussi, quelques espèces proches, mais en examinant la nervation et quelques autres critères on peut arriver à l’espèce relativement facilement (voir fiche).

Un mâle de Saitis barbipes arpente les tiges. Cette espèce est superbe, avec ses yeux verts et sa 3ème paire de pattes allongée et à chaussette blanche.

Nombreuses à voler dans les roncier, les Oecophores nervurées (Alabonia geoffrella). La chenille se développe dans le bois pourrissant ou les tiges mortes de diverses essences (ronces, noisetiers).
Sur une ronce toujours, une belle thomsie, Diaea dorsata (ou Diaea livens, une autre espèce du genre pour laquelle je ne trouve pas beaucoup d’informations).

Une autre superbe rencontre. Cette punaise fait très exotique je trouve. Metatropis rufescens. Elle se développe sur la Circée commune (Circaea lutetiana).

Une autre Saitis barbipes, mais cette fois une femelle, avec sa tête noire et sa belle cravate blanche en arrière du céphalothorax.

Sur une feuille d’arbre, cette éphémère, du genre Rhithrogena. Reconnaissable à ses deux cerques divergents, ses taches noires sur les fémurs et ses nervures costales et sous-costales jaunes.

Un micro lépidoptère assez connu, l’Adèle australe (Adela australis). Une femelle, le mâle a les antennes bien plus longues !

Nous entrons ensuite dans une zone superbe. Un bois rempli de mousse !

Un coléoptère que j’adore se trouve au bord du sentier : l’Apodère du noisetier (Apoderus coryli). Les femelles fabriquent un cigare de feuille enroulée dans lequel elles pondent.

Et voici justement un cigare !

Sur un tronc moussu, un mâle de Leiobunum blackwallii, avec sa belle couleur rosée. Il lui manquait pas mal de pattes, mais il galopait bien quand même. Chez les opilions, contrairement aux araignées, les pattes ne repoussent pas.


Une chenille de Lithosie quadrille (Lithosia quadra). Elle se nourrit de lichens.
Un autre mâle de Saitis barbipes se balade dans la mousse.
On finit par sortir de la forêt moussue, bien que quelques branches soient encore bien vertes.

Une plus grande sur une feuille, l’Araignée citroën (Anyphaena accentuata).
Un autre micro lépidoptère, tout aussi beau que l’adèle : Nemophora degeerella. Sa plante hôte est l’Anémone des bois (Anemone nemorosa).

La rivière Dadou traverse les bois.

Un Carabidae noir court sur le chemin. Il s’agit de Pterostichus madidus. Son pronotum bien arrondi aux 4 angles aide grandement à son identification, en plus de son apparence générale.

A peine plus loin, une grosse larve. C’est aussi un Carabidae, sous famille Carabinae (comme le genre Carabus par exemple). on ne peut pas aller plus loin avec si peu d’images de la larve.
Une autre mouche parasite d’hyménoptères, de la famille des Conopidae aussi. Une du genre Sicus. J’en vois assez souvent de celles-là. L’espèce est identifiable avec un examen minutieux de l’extrémité abdominale des femelles.

 

Un Péritèle gris (Peritelus sphaeroides), Curculionidae.

Une jeune Dolomedes posée sur une feuille. Ces araignées sont capables de chasser à la surface de l’eau et parfois même d’attraper de petits alevins.

Un couple de Névroptères dont la larve vit dans la végétation à la limite de l’eau. L’Osmyle à tête jaune (Osmylus fulvicephalus).


Joli coléoptère sur un massif d’orties : Lixus angustus. Sa plante hôte est le Liondent d’automne (Leontodon autumnalis). Il faut examiner plusieurs caractères morphologiques pour arriver à l’espèce, bien qu’ici la couleur aide beaucoup. Mais cette couleur est plutôt de la pruine, qui part avec le temps et l’usure.

De petites punaises se regroupent sur une plante près des orties. Ce sont des Eysarcoris venustissimus. C’était la dernière espèce du genre qu’il me manquait. Ses plantes hôtes sont les Lamiacées. on la reconnait facilement à la grande tache triangulaire métallique sur le scutellum.

On remonte le sentier pour terminer notre boucle.
Sur un épi de blé en bordure de champ, cette chrysomèle : Chrysolina kuesteri. Pas facile là, pour arriver à l’espèce il faut examiner les détails de ponctuation notamment sur le pronotum.

Un petit dernier, qui se baladait sur la route. Iberodorcadion fuliginator. Il en existe de nombreuses sous espèces aux motifs variés.

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10 commentaires sur “Le Travet 08 juin 2019”

  1. Je suis impressionné par toutes ces identifications… C’est ta spécialité ? En tout cas, celles des arachnides sont bien correctes ! Bravo !
    Ton blog est très bien fait… J’avoue que sur wordpress, je me contente du minimum… faute de connaissance ! Par exemple, comment faut-il faire pour pouvoir agrandir les photos du blog ? ça m’intéresse !!
    A la prochaine…

    1. Merci beaucoup c’est gentil !

      Je ne sais pas si on peut appeler ça une spécialité, mais en tout cas c’est quelque chose que j’adore faire, chercher des petites bêtes pour les photographier et les identifier par la suite.

      C’est vrai que tes photos ne sont pas cliquables, comment fais-tu pour les intégrer à tes pages ? Moi je les importe d’abord en cliquant sur « ajouter un média » et en allant chercher les photos sur mon ordinateur, puis pour les intégrer je fais « ajouter un média », « bibliothèque de médias », je sélectionne ma photo puis ensuite dans le menu d’options sur la droite il y a une option « réglage de l’affichage du fichier joint ». Dans la case « lier à » il faut mettre « fichier média ». Mais pour moi c’est l’option par défaut, pour toi je ne sais pas ?
      Je ne sais pas vraiment si ton problème vient de là, mais tu peux déjà vérifier tout ça on sait jamais !

      1. Hum… J’ai essayé, comme toi, je clique sur AJOUTER puis MEDIA, ADD NEW puis je choisi l’image sur mon ordi… dans la colonne de droite, j’ai : ETAT – CATEGORIES – IMAGE VEDETTE – SHARING – POST FORMAT (par défaut) et un MORE OPTIONS … mais à part CATEGORIES, je n’utilise pas le reste !
        C’est peut-être dû au type choisi pour le blog… mais pas grave, je m’y intéresserai un jour ! Merci !

      2. Salut Jessica,

        Depuis ton message ci-dessous, j’ai appliqué ton système et ça fonctionnat bien… Je pouvais agrandir mes photos ! Mais depuis peu, peut-être ai-je fait une fausse manœuvre, je n’ai plus cette possibilité ???

        Quand je veux ajouter une photo, alors qu’avant j’avais « ajouter un média , je clique sur le carré noir + et j’ai ceci qui apparaît,

        Image

        Téléversez un fichier image, choisissez-en un dans votre bibliothèque de médias ou ajoutez-en un avec une URL.

        Téléverser

        Bibliothèque de médias

        Insérer à partir d’une URL

        Puis, je clique sur teléverser, je choisi ma photo mais n’ai plus ensuite, quand je clique sur la photo, je n’ai plus accès … cet encart au-dessus ne me donne plus accès à « media » ??

        Qu’en penses-tu ??

        Merci de ton aide,

        Richard

      3. Salut Richard !

        Bizarre les accents ne passent pas, encore un bug. Les images ne passent pas non plus.
        L’interface a changée oui !
        Alors moi je clique sur le carré avec le plus pour insérer une image.
        Ensuite bibliothèque de médias.
        Envoyer les fichiers s’ils ne sont pas dans la bibliothèque.
        Je sélectionne l’image.
        Puis en cliquant sur l’image, il y a un menu qui apparait juste au-dessus d’elle. Juste à droite de « remplacer », il y a une icône de lien (qui ressemble un peu à un tiret entre deux parenthèses). Et là en cliquant dessus tu peux choisir « fichier média ».

        Je ne sais pas pourquoi tu n’as plus le menu. Est-ce que ça vient du fait que tu fasses « téléverser » et pas « bibliothèque de médias » ?

        J’espère que ça t’aidera !

        Jessica

  2. Carton plein cette balade dis donc ! Superbes observations entomologiques. Je ne connaissais pas cette punaise Metatropis rufescens, belle trouvaille. En tout cas merci pour ce post, j’ai l’impression d’avoir fait un peu de terrain depuis mon ordinateur 🙂

    1. Merci beaucoup Romain !
      Le coin est vraiment chouette, et cette forêt de mousse est impressionnante. Pour la punaise, elle est vraiment particulière, on se croirait en pleine jungle en la regardant. Elle s’est rapidement envolée, levant en l’air sa première paire de pattes avant de déployer ses ailes (j’ai loupé la photo malheureusement).
      J’ai fait à Mazères ce printemps une autre punaise qui appartient à la même famille mais je pense une autre espèce. Elle est pour l’instant dans mon dossier « à identifier » !

  3. Anne-Marie Sangouard

    Je vais de découverte en découverte. Tous ces beaux insectes vivent là à portée d’yeux. Mais encore faut t-il prendre le temps de l’observation et de l’identification ! Merci de rendre cet univers plus accessible à la simple promeneuse que je suis 🙂

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