Col du Tourmalet 10 juillet 2021

Nous partons ce week-end pour le col du Tourmalet. La matinée est ensoleillée mais ventée ! La première espèce que nous croisons est le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe). Et il y en a pas mal aujourd’hui !

Celui-ci état posé sur une motte de terre, à l’entrée d’un terrier de marmotte. Assez sympa celui-là ! Quelques photos puis on continue notre route, laissant ce mâle à ses contemplations.

Au début de la balade, le chemin est encore à l’ombre. Nous sommes surveillés par plusieurs motteux, perchés en hauteur au milieu des iris des Pyrénées. Certaines pentes en sont remplies !

Pas mal de jeunes sont sortis du nid et se font nourrir par les parents, toujours à distance respectable.

Petite série des motteux croisés le reste de la journée.

Dans une pente, près du sentier, un jeune motteux est en place, ne bouge pas. Il regarde tout autour de lui. Nous faisons quelques images, et on se dit que ce tuyau rouge est bien moche sur les photos ! C’est le seul de la zone en plus, et le petit est évidemment à côté. Puis d’un coup, le jeune sautille et se place à l’entrée du tuyau ! La famille a probablement niché ici. Ils sont pas si mal ces tuyaux finalement. Un peu risqué au niveau du sol à cause des hermines et des belettes quand même… Il est pas mignon avec ses couettes ?

Tout près, maman fait les réserves ! On sait qu’elle ne viendra pas nourrir tant que nous sommes à proximité, donc nous continuons notre chemin et les laissons tranquille.

Nous ne croisons qu’une seule famille de Rougeueue noir (Phoenicurus ochruros). Ils resteront loin de nous, mais les jeunes crient si fort pour réclamer à manger que nous avons l’impression qu’ils sont à côté !

Les Monticoles de roche (Monticola saxatilis) sont comme toujours distants mais bien présents ! Voici un jeune, resté posé quelques secondes sur ce rocher au loin, et un mâle trônant sur les hauteurs.

Les Pipits spioncelles (Anthus spinoletta) nourrissent aussi leurs jeunes, mais je n’en ai pas vu. Ils ne sont pas encore sortis du nid, où alors très fraichement, et restent tapis dans les herbes hautes ! Une des raisons pour lesquelles il faut éviter de marcher hors des sentiers.

Ce sera tout pour les oiseaux ! Sur le retour, un gros rocher attire notre attention. Beaucoup de lézards se chauffent dessus au soleil. Je prends plusieurs clichés, sachant qu’ici il peut y avoir des Lézards de Bonnal, espèce endémique des Pyrénées. En réalité nous avons dans les Pyrénées françaises 3 espèces d’Iberolacerta, I. bonnali étant la plus largement répandue.

Et en voici plusieurs ! A première vue, il ressemble pas mal au lézard des murailles. Il faut observer les écailles pour les différencier. Chez le lézard des murailles, les écailles rostrales et internasales ne sont pas en contact. C’est à dire qu’elles sont séparées car les écailles qui englobent chaque narine se touchent entre elles. Donc les deux écailles du bout du museau ne se touchent pas. Chez le genre Iberloacerta, c’est l’inverse ! Il y a quand même de rares exceptions chez le lézard des murailles, rarement les écailles internasales et rostrales sont en contact. La robe est aussi un indice. Le lézard des murailles est très variable et peut être très tacheté. Généralement, la robe des Iberolacerta est plus sobre. Ils peuvent toutefois avoir des taches, mais jamais de ligne ou alignement de taches au niveau de la colonne vertébrale contrairement au lézard des murailles qui peut en avoir.

Donc ici, des Lézards de Bonnal (Iberolacerta bonnali), avec les écailles rostrales et internasales qui se touchent, mieux visible sur la photo prise de dessus.

Et parmi eux, au moins un Lézard des murailles (Podarcis muralis) ! On ne voit pas très bien les écailles sur ces photos, mais la ligne vertébrale est bien présente même si elle est discrète.

Il y a quelques bouses au sol. J’en profite pour observer tout le petit monde qui s’y active. Au milieu des Sepsidae en furie, roulant des ailes, se bataillant et s’accouplant, je repère plusieurs staphylins colorés. Ils sont très rapides, passent dans les tunnels creusés par les insectes scatophages. Je me poste et attends sans bouger, mais dès qu’ils me voient, ils font demi-tour à toute allure. J’arrive quand même à faire deux photos, mais en plein soleil. Leurs couleurs sont très brillantes et ressortent mieux à l’ombre, mais je n’ai pas réussi à placer mon diffuseur sans les faire fuir. Ce sont des Staphylins cuivreux (Ontholestes murinus). Ils se nourrissent des insectes scatophages !

Les bouses attirent aussi de grosses mouches, comme ici Neomyia cornicina, avec son beau front vert. La larve se développera dans la bouse !

En masse sur les cistes et les chardons qui sont leur plantes hôtes (j’ai pris un paquet de fleurs en photos mais je dois encore les déterminer, je suis à la bourre !), ces coléoptères de la famille des Curculionidae sont assez gros. Ils ont tendance à se laisser tomber au sol lorsqu’on s’approche alors il faut y aller doucement ! Ce sont des Larinus sturnus. Les espèces du genre sont délicates à identifier sur photo. Ici, la forme des élytres vues de dessus, assez ovales, très peu parallèles et compactes, ainsi que celle du rostre, les deux taches jaunes à la base des élytres et les plantes hôtes sont de bons indicateurs. Et puis j’en avais fait confirmer sur insecte.org il y a quelques temps, photographiés exactement au même endroit. Deux d’entre eux sont sur orties, mais je pense qu’ils devaient être en balade, les massifs d’orties étant très près de chardons.

Très petite mouche de quelques millimètres, du genre Meromyza (famille des Chloropidae). Les larves se développent dans les tiges de graminées. On la reconnait entre autres à ses fémurs 3 épaissis.

Bien à l’abri dans sa feuille d’ortie, un mâle d’Épeire des bois (Aculepeira ceropegia).

Elle aussi sur une feuille d’ortie, une Chloromyie agréable (Chloromyia formosa), mâle (car les yeux se touchent). C’est une espèce que je croise assez souvent. Les larves se développent dans l’humus. Il y a une autre espèce chez ce genre, très semblable, beaucoup plus rare, que je n’ai jamais croisé : Chloromyia speciosa. Chez cette espèce les basitarses 2 et 3 sont jaunes, et le mâle possède deux petits triangles jaunes au-dessus de l’insertion des antennes. Je ne connais pas sa répartition.

Quelques papillons pour terminer au Tourmalet.

Une belle Zygène pourpre (Zygaena purpuralis) sur un iris.

Les nuages étant remontés de la vallée, il faisait bien frais et humide, ce Moro-sphinx (Macroglossum stellatarum) était calmement posé sur un rocher.

On termine avec cette jolie Pyralidae, la Phycide des chardons (Myelois circumvoluta). Les chenilles se développent dans les tiges des cirses et des chardons.

Nous ferons ensuite un tour en forêt près de Super-Bagnères. Nous n’y ferons pas beaucoup d’oiseaux, entendrons quand même pas mal d’espèces dont un Pic noir et un Bouvreuil pivoine. Remontant le chemin en trottinant, ce Renard roux (Vulpes vulpes) s’est figé en nous voyant. Et nous aussi ! L’instant à duré au moins une minute, puis il a fait demi-tour et est reparti dans l’autre sens.

Une belle Aeshne bleue (Aeshna cyanea) au repos sur la végétation. Pour une fois qu’elle se pose ! Et en plus elle se laisse approcher.

J’avais remarqué quelques rouleaux ou cigares sur certaines feuilles d’arbre. Et voici l’artiste : l’Apodère du noisetier (Apoderus coryli).

Mouche de la famille des Sciomyzidae, dont la larve e développe dans le corps des limaces : Euthycera chaerophylli.

Une drôle de bête qui se camoufle bien sur les tiges diverses : le Centrote cornu (Centrotus cornutus).

Un diptère Rhagionidae du genre Rhagio : Rhagio tringarius, reconnaissable aux ailes hyalines à stigma clair et aux calus huméraux (les « épaules ») jaunes.

Un syrphe montagnard, que j’avais rencontré pour la première fois en Suisse l’an dernier : Eristalis jugorum.

Un Robert-le-diable (Polygonia c-album) avec ses ailes découpées.

Ces petits opilions étaient très nombreux sur un gros rocher : de jeunes Leiobunum rotundum.

Pour terminer ce beau Criquet des pâtures (Pseudochorthippus parallelus) près de la cascade d’Enfer.

18 commentaires sur “Col du Tourmalet 10 juillet 2021”

  1. Quelle moisson de jolies photos accompagnées de commentaires très intéressants. Grand merci pour le partage qui permet d’agrandir ou de rafraichir nos connaissances !
    J’attends avec impatience vos photos de plantes et de fleurs quand vous ne serez plus à la bourre ! ;-))

  2. De magnifiques clichés avec un texte agréable et pédagogique. On profite à fond devant notre écran de cette nature pyrénéenne grâce à ce sens aigu du partage !
    Merci Jessica.

  3. Merci Jessica pour ce beau reportage.
    Vos photos sont très belles ; comme d’habitude !
    Et les commentaires intéressants et instructifs…
    Les Traquets moteux sont sympa et vos cadrages soignés
    J’apprécie aussi fortement vos macros qui sont excellentes et montrent si bien les merveilleux détails des insectes.
    La pyrale des chardons est splendide et les détails des balanins sont bien marqués.
    Je suppose que l’identificatIon,sûrement passionnante, doit prendre beaucoup de temps!

    1. Un grand merci Philippe c’est très gentil !
      Oui l’identification peut parfois prendre beaucoup de temps selon les espèces, et il n’est pas toujours possible d’arriver au bout. Mais c’est en effet passionnant !

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