Scandinavie 2021 : Réserve naturelle de Gimegolts, 03 août

Nous avons pas mal roulé ces deux derniers jours. La veille, nous stoppons près d’une réserve naturelle, sans trop savoir ce qu’on y trouverait. Ce qui devait être un arrêt dans un endroit sympa pour prendre le petit déj’ se transformera en chouette promenade !

Nous arrivons donc la veille, il est pas loin de minuit. Bien que nous approchons du cercle polaire, il fait encore assez sombre à cette heure là. On stoppe sur le bord de la piste pour la nuit. Le lendemain matin, à 6h30, doux réveil : des cris de Grues cendrées, vraiment très proches de nous ! Leur puissante voix résonne dans la forêt. Elles sont posées dans une tourbière juste un peu plus loin. A peine la portière ouverte, les grues ne sont pas visibles mais elles ont du entendre un bruit suspect car elles se sont envolées.
Nous voyons sur les panneaux qu’un sentier amène à un canyon. Ce n’est pas très loin, on décide d’y aller ! Le canyon a été formé à la fin de la dernière ère glaciaire, il y a 9000 ans. Lorsque la glace a commencé à fondre, d’énormes quantités d’eau ont été libérées. Un peu plus au nord, l’eau a été retenue par un obstacle, formant un lac. Au fur et à mesure que le niveau montait, la pression se faisait de plus en plus forte, puis l’obstacle a cédé. D’énormes quantités d’eau ont été libérées d’un coup, avec une puissance colossale. Ce torrent s’est frayé un chemin à travers une crevasse, la creusant de plus en plus. C’est comme ça que ce canyon est né.


Localisation de la réserve naturelle de Gimegolts.

Vue de la piste, avec le départ de balade sur la gauche.

Nous enpruntons le sentier, et comme toujours, la forêt est superbe. Et en plus elle sent bon ! Nous entendons des becs-croisés des sapins et des tarins des aulnes.

Nous arrivons rapidement au niveau d’une tourbière. Il y a déjà des tapis de sphaignes au sol par endroits. Sphagnum pour le genre, pour l’espèce… On en restera au genre ! En tout cas, c’est très joli.

Photo de Christophe

Après avoir marché un peu, on prend de la hauteur.

Puis nous arrivons au canyon, dans ses parties les plus profondes.

Photo de Christophe

Le temps de faire quelques images, j’entends un cri suraigu de l’autre côté du canyon. Mais oui, c’est une gélinotte des bois ! Même deux gélinottes, qui se répondent. J’adore ce cri. Bien sûr, nous n’apercevront pas la moindre plume. J’aperçois aussi un pic épeiche et un pinson du nord de l’autre côté. Le chemin continue jusqu’au fond et en l’empruntant, nous nous retrouvons au niveau du lac.

Photo de Christophe

On fait une petite pause à cet endroit. C’est assez calme niveau oiseaux, mais on entend quand même un chevalier sylvain. Et une Mésange boréale (Poecile montanus), qui inspectait les arbres de l’autre côté du lac, vient gentiment nous rendre une petite visite !

Je profite du coin pour faire un peu de macro. Près du lac, une jolie fleur, la Parnassie des marais (Parnassia palustris).

Autre fleur juste en berge, la Tormentille (Potentilla erecta), reconnaissable entre autres à ses 4 pétales. Fleur et jeune fruit.

Je repère une chenille sur une branche. Une qu’on a chez nous mais que je n’avais encore jamais prise en photo : le Bombyx antique (Orgyia antiqua).

J’aperçois quelques Mûres arctiques (Rubus chamaemorus) au sol, un peu vieilles.

Seule dans les bois, une belle Épilobe en épi (Epilobium angustifolium). Elle pousse en principe dans des milieux plus ouverts et en groupes.

J’en profite pour découvrir un nouveau monde : celui des lichens ! Après le guide des champignons, ce sont des guides sur les lichens que je me suis offert. Il n’y a plus qu’à !

Voici le premier : un Cladonia du groupe coccifera. Il peut être de 3 espèces, difficiles à identifier sur photo sans de bien meilleurs clichés et de préférence avec une observation de réactions chimiques. Il m’a tapé dans l’œil avec ces anneaux rouges, appelés apothécies.

Un autre, qui pousse au sol, Nephromopsis nivalis. Il a de petits points noirs nommés pycnides sur les marges.

Un que l’on trouve beaucoup par ici sur les arbres, du genre Bryoria. En France, ça aurait surement été Bryoria (et non pas Bryobia qui est un genre d’acarien) capillaris. Mais en Suède, il y a au moins une autre espèce qui lui ressemble, Bryoria fremontii. Je ne sais pas comment les séparer. Je parle ici de ce long lichen qui ressemble à des cheveux !

Dernier lichen identifié, la Cladonie étoilée (Cladonia stellaris). C’est lui le vrai lichen des rennes. Il a un goût plus doux que celui des autres lichens, et est bien plus apprécié par les rennes que Cladonia rangiferina, qui a un goût amer. Le sol et les rochers en sont par endroit largement recouvert !

Après cette matinée bien remplie, on reprends la route. Avant de quitter la piste, je photographie une Grue cendrée (Grus grus) dans une tourbière depuis la voiture (elles étaient deux, l’autre plus sur la droite de l’image). Peut-être celles qui nous ont fait office de réveil ce matin !

*Oiseaux observés ou entendus au parc national*
– Grue cendrée (Grus grus)
– Gélinotte des bois (Tetrastes bonasia)
– Pic épeiche (Dendrocopos major)
– Chevalier sylvain (Tringa glareola)
– Bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra)
– Bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula)
– Grive draine (Turdus viscivorus)
– Mésange boréale (Poecile montanus)
– Pinson des arbres (Fringilla coelebs)
– Pinson du nord (Fringilla montifringilla)
– Pouillot fitis (Phylloscopus trochilus)
– Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus)
– Tarin des aulnes (Spinus spinus)

Pour terminer, une petite vidéo du coin.

21 commentaires sur “Scandinavie 2021 : Réserve naturelle de Gimegolts, 03 août”

    1. Merci ! D’après ce que j’ai pu lire, il existait déjà une crevasse avant le passage de l’eau de fonte. L’eau l’a considérablement creusée ! Certains coins étaient un peu secs, mais à cet endroit là ça allait, je me rappelle il y a quelques années de lichens craquant sous les pieds. Pour la chaleur, ça allait, par contre au Varanger on a eu un bel anticyclone et des jours à 22 degrés.

  1. Très belles photos et vidéo, Le paysage est vraiment superbe, la seule chose que je connais, c’est l’Epilobe en épis et la Grue cendrée, le lichen avec les anneaux rouges et les Mûres arctiques, je ne connais pas, la mésange Boréale je connais mais jamais vue, et j’ai l’impression qu’il ne devait pas faire très chaud, de la façon que vous êtes emmitouflés !

    1. Oui il y en a un paquet de réserves ! Pas toutes accessibles. On s’était aussi arrêté à la réserve naturelle de Röjan, où fleurit visiblement en nombre la nigritelle noire (Gymnadenia nigra). C’est d’ailleurs pour ça que le site a été classé en réserve. Mais bon en août la floraison était finie ! Tu passeras peut être pas loin à la bonne période : https://naturkartan.se/en/jamtland/rojan

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