Andalousie 2017 : Marais de l’Odiel et parc naturel de Doñana 26/27 décembre

Nous arrivons en fin de journée à notre premier point de voyage, la lagune del Gobierno à côté de Lantejuela. Cette lagune toute proche du village est en eau toute l’année grâce à l’apport de la station d’épuration proche. L’eau est traitée de façon naturelle par lagunes artificielles (on voit très bien ces bassins sur la carte). Elle accueille un grand nombre d’oiseaux, notamment des érismatures à tête blanche.

 

Sur la route peu avant d’arriver sur site, nous repérons un groupe de passereaux dans des roseaux. On s’arrête pour regarder de quelle espèce il s’agit, car là où nous sommes nous pouvons déjà croiser des moineaux espagnols. Et oui, ce sont bien des moineaux espagnols ! Il n’y a pas beaucoup de lumière, mais cela donne une ambiance sympa.

Nous arrivons à l’entrée de la lagune, malheureusement le site est fermé. Nous allons au bout du chemin pour nous garer au calme et faire une petite pause. En route nous voyons ce qui semble être un observatoire face à la lagune, mais il est fermé à clef.

Une fois garés nous voyons beaucoup de passereaux, des pouillots véloces, fauvettes mélanocéphales, des étourneaux unicolores chantent au sommet de grands arbres, deux huppes partent en direction des champs qui accueillent beaucoup de cochevis, ainsi qu’un nombre assez impressionnant de bergeronnettes grises. Deux lièvres se trouvent au loin dans un champ également.

Pouillot véloce.

Nous croisons un homme qui nous fait signe de venir à l’observatoire. C’est certainement une personne qui gère le site car il a les clés. Malheureusement il ne parle pas Français (normal) mais pas Anglais non plus. Je ne suis pas très bonne en Anglais mais on aurait pu se comprendre, mais en Espagnol… J’arrive quand même à lui demander si la lagune ouvre le lendemain, il me répond que non. Je n’ai pas compris les raisons. Il nous montre de superbes photos faites sur site au printemps, érismatures, busards, rolliers, élanions… Également des photos où il bague les oiseaux du site. Vraiment dommage de ne pas arriver à se comprendre. Sur la lagune, il y a beaucoup de canards souchets, quelques colverts, foulques macroules, grèbes castagneux et grèbes à cou noir, mais pas d’érismatures. Dans la végétation autour de l’eau s’agitent pouillots véloces et bouscarles de cetti.

La nuit tombe, il est temps de manger un bout et de se décider sur ce que l’on fait, car nous n’avons qu’une petite semaine moins les jours de trajet. Notre point suivant est les marais de l’Odiel. Nous partons dans cette direction. C’est après coup que je vois qu’il y a une réserve juste à côté de là où nous étions, el Complejo Endorreico de La Lantejuela, où se trouvent plusieurs lagunes. Tant pis, il faudra y revenir, car en plus il y a des outardes barbues dans le coin ! Mais nous ne sommes pas venus pour rien, nous avons vu les moineaux espagnols.

Nous arrivons au marais dans la soirée. Le site est déclaré réserve de biosphère depuis 1983 par l’UNESCO et couvre une superficie de 7150 hectares. C’est un vrai sanctuaire pour les oiseaux migrateurs. Il accueille la plus grande colonie de spatules blanche d’Europe (30% de la population européenne), des caméléons et aussi le très menacé lynx ibérique dans sa zone boisée. Plus de 280 espèces d’oiseaux y ont été répertoriées.

 

Le lendemain matin, le temps est gris et pluvieux. Nous nous dirigeons vers un premier observatoire, une palissade au bord de la route qui donne sur un étang. Il y a beaucoup d’oiseaux dessus, surtout des goélands bruns, mouettes rieuses, canards souchets, canards colverts, canards chipeaux, tournepierres à collier, bécasseaux variables, bécasseaux minutes, barges à queue noire, chevalier gambettes, échasses blanches et grèbes castagneux.

Canards chipeaux.
Canards souchets.

Nous prenons ensuite une passerelle en bois vers un autre observatoire d’où nous ne verrons pas grand chose, la zone devant étant à sec.

Nous croisons sur le chemin des pouillots véloces, étourneaux unicolores et des pies bavardes dans la pelouse.

La tenue vestimentaire donne un aperçu du climat du moment ! Mais au moins la pluie s’est arrêtée.

Nous continuons en voiture sur l’unique route qui longe la rive ouest de la rivière Odiel. Elle traverse les marais et mène au bout à la digue Juan Carlos 1er. Il n’y a pas beaucoup de circulation et de grandes lignes droites, il est assez aisé de s’arrêter sur le bord de la route en restant attentif. En roulant nous voyons des busards des roseaux et un balbuzard pêcheur. Le ciel se dégage et laisse place au soleil !

Nous croisons aussi beaucoup de tariers pâtres, très actifs.

Celui-ci a trouvé une chenille, qui semble être une chenille de Lycaenidae.

En voici un autre sur ce qui semble être de la salicorne (oui je suis nulle en bota, il faudra quand même que je m’y mette un jour !)

La route qui mène au phare est fermée dans sa dernière portion, nous rebroussons chemin et photographions quelques limicoles depuis la voiture.

Un courlis cendré.

Un peu plus loin, il y en a tout un groupe qui se repose.

Un chevalier aboyeur.
Chevalier gambette.

Ici un joli groupe de chevaliers gambettes.
Nous croisons plus loin des spatules blanches.

Nous continuons ensuite notre route.

Direction le parc national de Doñana, ce n’est pas très loin d’ici. C’est l’un des plus grands sites naturels protégés d’Europe avec une superficie de 54 000 hectares. Il a été classé réserve de biosphère en 1980 puis classé au patrimoine mondial de l’humanité en 1994. Les paysages y sont extrêmement variés, il est fait de plages, de dunes, de forêts méditerranéennes et de marais.

Il n’en est pas moins fragile, et souffre de la culture de fraisiers implantés illégalement sur la zone protégée. Cette agriculture intensive empoisonne de nombreux organismes vivants avec les produits chimiques et assèche les milieux humides avec les forages illégaux pour l’irrigation des fraisiers.

Le site est lui aussi un véritable refuge pour l’avifaune, plus de 300 espèces y ont été référencées. Beaucoup d’oiseaux du centre et du nord de l’Europe viennent hiverner ici. Il abrite aussi le lynx ibérique et l’aigle ibérique. D’ailleurs les bords de routes sont marqués de panneaux intitulés « recuerdo » avec une tête de lynx dessus. Nous n’en verrons pas, à mon avis c’est un animal très discret et méfiant.

 

En arrivant au parking principal, nous croisons un cochevis certainement huppé en train de manger quelque chose de non identifié.

Sous les pins, nous photographions aussi une huppe fasciée depuis la voiture.

J’aperçois des pies bleues vadrouiller dans le sous bois et farfouiller au sol, mais elles ont trop la bougeotte et disparaissent dans la forêt avant que je ne puisse faire une image. On part se garer au parking et nous nous installons à l’aire de pique-nique. Un couple est en plein repas à une table.

Puis j’entends des cris que je ne connais pas. Et j’aperçois une pie bleue s’approcher. Puis deux, puis 5 ! Le groupe arrive. On s’était installés pour manger, on s’est vite ravisé pour aller chercher les appareils photos. Elle s’installent à quelques mètres des personnes attablées et viennent carrément se servir sur la table ! Elles doivent être une vingtaine. Du coup on en profite, grosse série. Elles sont vraiment très peu farouches, et nous regardent avec cet air de corvidé malicieux que j’adore.

Elles se perchent souvent ainsi, de biais sur les troncs de pins.

Des moineaux domestiques fréquentent aussi la zone.

Il y a aussi quelques pies bavardes, mais peu nombreuses et très distantes.
Ainsi qu’un rougegorge curieux !
La zone en photo.
Nous entrons finalement dans le parc, on a repéré cette zone où se trouvent plusieurs observatoires. Au début du sentier derrière l’accueil et la cafétéria, se trouve un énorme olivier.

Un tarier pâtre nous accueille sur son promontoire de bois mort.

Une passerelle en bois traverse la forêt au sol sablonneux et mène aux différents observatoires. La paysage est très joli.

Les affûts sont situés en hauteur par rapport aux lagunes, ce qui est très bien pour l’observation, peut-être un peu moins pour la photo pure et dure. Nous ne voyons pas grand chose sur l’eau, quelques foulques macroules, grèbes castagneux, une cigogne blanche, des busards des roseaux et des canards colverts. Sur les chemins nous croisons beaucoup de rougequeues et des cochevis.

Nous ressortons après cette balade et photographions une huppe fasciée dans la pelouse proche du parking.

Les pies bleues ne sont plus à l’aire de pique-nique mais en train de farfouiller dans le sable aux alentours. On ne résiste pas à une deuxième séance photo.

On se dirige vers un dernier observatoire que l’on a repéré sur les cartes en lignes.

En route, nous croisons un groupe de sangliers.

On l’atteindra à la tombée de la nuit. Il est en fait situé dans le parc du palais d’El Acebron, construit dans la seconde moitié du 20ème siècle. Il est maintenant un musée ouvert aux visiteurs qui nous en apprends plus sur le parc de Doñana. Le jardin est vraiment superbe. A côté du palais se trouve un petit lac avec un ponton et des bancs au bord pour s’y détendre. Très reposant ! Nous ne verrons rien dessus, mais entendrons plusieurs fois un martin pêcheur. Il fait très sombre et nous rebroussons chemin.

Une grande partie du parc se visite à pied, à cheval ou à vélo, où alors en visite guidée en 4X4. Nous n’avons que peu de temps et plusieurs espèces en vue dans des endroits bien différents et éloignés les uns des autres, nous nous arrêtons donc là pour le parc de Doñana. Du moins pour cette fois ! On reprend la route en direction de la lagune de Medina.

17 commentaires sur “Andalousie 2017 : Marais de l’Odiel et parc naturel de Doñana 26/27 décembre”

  1. Quel plaisir, à chaque fois, de découvrir vos magnifiques photos accompagnées d’un commentaire toujours pertinent et intéressant. Merci !

  2. Merci pour toutes ces belles photos et j’adore ton style alerte et enjoué pour raconter tes découvertes. Très envie de m’y rendre un jour 🙂

  3. Superbe ! J’attends la suite avec impatience pour savoir ce que tu as eu la chance de voir. Je n’imaginais pas cette destination intéressante pour un mois de décembre. Ca peut donner des idées ! 🙂

    Petite remarque : en Espagne, ce sont des Pies ibériques et non des Pies bleues. Les Pies bleues sont strictement asiatiques. 😉

    1. Merci ! Oui en fait c’est super intéressant en hiver aussi. Je ne savais pas pour les pies ibériques, elles sont appelées pies bleues partout même dans les guides ! C’est la sous-espèce qui a pris ce nom en fait ? c’est sur qu’elle est bien éloignée de ses cousines asiatiques, et ce depuis un moment certainement.

      1. Il me semble qu’elle était lgtps considérée comme une ssp de la Pie bleue. Il y a eu des études sur la génétique qui ont prouvé que les deux oiseaux sont plus éloignés que ce qu’on croyait avant, et donc la Pie ibérique a été élevée au rang d’espèce… mais ce n’est pas très vieux.

        Des fossiles ont été trouvés prouvant la présence des pies en Espagne depuis longtemps et réfutant la théorie selon laquelle elles aurait été importées par des marins espagnols ou portugais. En fait les deux espèces ont probablement été divisées à l’ère glaciaire. 😉

  4. Waou, ces pies sont magnifiques <3 Superbe série, j'adore les photos dans les pins (? moi aussi je suis nul en bota), avec les aiguilles vertes qui mettent bien en valeur les oiseaux.

Laisser un commentaire