Dourgne 13 avril 2019

Ca y est, j’ai enfin terminé l’identification des arthropodes vus ce jour là. C’est fou comme lorsque l’on se balade dans une nouvelle zone, on découvre plein de nouvelles espèces.

 

On se gare au village pour entamer la balade qui traverse une zone boisée avant d’arriver sur un causse. Située au pied de la montagne noire, il y a également du relief et une grotte.
Dès que l’on quitte le centre ville, les bas côtés bien végétalisés attirent notre regard. Je photographie une Thomise enflée (Thomisus onustus) en plein affût. Cette espèce est de couleur variable, couleur qu’elle adapte à son support de chasse. Le changement de couleur s’opère en quelques jours. Les araignées peuvent être blanches, jaunes, roses… Les mâles sont moins variables et plutôt brunâtres.
Le paysage est très sympa dès le début.
Nous nous arrêtons à cette petite aire pour sportifs pour examiner les piquets en bois, supports appréciés des diptères et des saltiques.
Pas de saltiques en vue, mais quelques diptères.

Helina evecta, larves dans la mousse et l’humus. Les nervures transverses sont ombrées, la chétotaxie du thorax aide aussi pour la détermination.

Du côté des diptères à longues pattes, cette femelle du genre Tipula, sous-genre Yamatotipula. La couleur de l’abdomen aide à déterminer le sous-genre. Il n’est pas possible d’aller à l’espèce sur photo.
Pour celui-ci, Dactylolabis sexmaculata, un examen de la nervation est nécessaire pour l’identification.

Sans flash.

Un plus commun, surtout en ce moment, Nephrotoma appendiculata. Les larves se nourrissent de racines.

L’examen du stigma et des côtés du thorax aident à l’identification.
Discret sur son poteau, voici un Trichoptère du genre Hydropsyche. Les larves se développent dans les eaux courantes. Il y a un ruisseau à proximité.

On continue la balade (ou plutôt on la commence !). On passe à côté d’une retenue d’eau.
Puis un panneau nous indique que la grotte est interdite d’accès du 15 mars au 15 septembre, lors de la reproduction des chauves souris.
On reviendra explorer en hiver !
Les paysages sont jolis.

On trouve quand même une petite anfractuosité plus loin (2m environ de profondeur) dans laquelle se trouvent quelques bestioles de cavités.
Une grosse araignée qui apprécie les grottes et les caves, Meta menardi. Son développement complet prend au moins deux ans. Il faut dire qu’elle ne mange pas tous les jours.

Une autre, plus petite : Metellina merianae. Elle aussi aime les milieux humides et sombres.

Un petit opilion que j’avais déjà rencontré, Leiobunum blackwallii. Un juvénile avec les hanches claires.

Puis un petit cloporte, Chaetophiloscia cellaria. Idem, se rencontre souvent dans les cavités et les grottes.

On retrouve le soleil.

Le long de cette pente faite d’ardoises, nous voyons une grosse mouche. Une tachinaire, Ernestia puparum. J’aime bien l’allure de ces mouches.

Les ardoises sont le terrain de jeu de plusieurs Philaeus chrysops. Les femelles sont assez variables, mais leur taille est grande et elles sont bien velues.

On retrouve une zone un peu plus forestière.

Sur une feuille de plante basse, une Peirates hybridus. Elle ressemble beaucoup à Peirates stridulus, mais la tache noire de l’endocorie (la plus haute des trois taches) est allongée et pas arrondie, et la deuxième tache noire n’est pas traversée par le nervure Cu.

Pour mieux comprendre les termes employés.

Les bords des chemins sont remplis d’Aurores (Anthocharis cardamines) !

Elles se posent tout de même assez rarement.

Les Citrons (Gonepteryx rhamni) aussi volent assez nombreux.

Un carabe cours à toute allure dans la mousse : c’est un Poecilus lepidus. Les carabes ne sont pas très facile à identifier, il faut examiner la forme des différentes parties du corps.

Une femelle d’Andrène fauve (Andrena fulva) vient butiner ces fleurs vertes (euphorbe, hélébore?).

Elle est bien rousse !

Une petite Cyclosa algerica/conica.
Une larve de Psychidae, le Psyché du gramen (Canephora hirsuta). Chez ce papillon, la femelle ne vole pas et passe sa vie dans son fourreau. Ce sont les mâles qui viennent les chercher pour s’accoupler.
Une classique Punaise verte (Palomena prasina).

Sur le causse, nous mangeons en bonne compagnie. Le gardien des moutons !

En redescendant, autre paysage ardoisé.
Près du village dans les hautes herbes, une Carpocoris purpureipennis.
Pour terminer, une satique sur un platane : Pseudeuophrys erratica.

8 commentaires sur “Dourgne 13 avril 2019”

  1. Anne-Marie Sangouard

    C’est vraiment chouette Jessica ! Tu nous réconcilies, pour certain d’entre nous, avec des insectes aux formes plus ou moins inquiétantes !! C’est toujours un régal pour moi !

  2. Bonjour,
    je vous découvre à travers ce site internet et je suis complètement bluffée !!! photographe et illustratrice sont vos métiers ? Bravo pour votre travail, vraiment !

    1. Bonjour,

      Merci beaucoup c’est très gentil !
      Non ce ne sont pas mes métiers, je suis brodeuse en réalité donc rien à voir. C’est juste une passion, bien que de venir illustratrice naturaliste me plairait bien.

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