Grotte de Laspugues 19 octobre 2019

Aujourd’hui, c’est journée découverte ! Une photo d’un opilion trouvé dans une grotte (il s’avère que finalement ce genre n’est pas exclusivement cavernicole mais peu importe) m’a donné envie de fouiller ce milieu totalement inconnu pour moi. Sur bon conseil, nous partons donc pour la grotte de Laspugues, à côté de Saleich, dans la Haute-Garonne.

Cette grotte est libre d’accès, et bien que pour pouvoir la parcourir en entier il faille de l’équipement (comme des cordes) et de l’expérience, nous pouvons explorer le début librement et facilement (enfin ça c’est vite dit, parce que l’intérieur reste extrêmement glissant).

Nous nous garons au niveau de la chapelle de Saleich et cassons la croûte avant de partir en exploration. Pas moins de 4 buses variables se chamaillent sur le versant d’en face ! Faucon crécerelle et milan royal passent au-dessus de nos têtes.

Photo de Christophe
Photo de Christophe
Pour accéder à la grotte, il faut emprunter un chemin forestier qui démarre derrière la chapelle. C’est une belle forêt pleine de mousse et de fougères.

Je photographie une petite mouche dont la larve se nourrit de graminées, Opomyza florum.

Nous arrivons finalement à l’entrée de la grotte.

Photo de Christophe

Photo de Christophe
Photo de Christophe

Sur la mousse juste à l’entrée, un coléoptère du genre Choleva. On les rencontre dans les grottes mais aussi dans les nids de mammifères. Celui-ci est un mâle, avec les tarses antérieurs dilatés.

La salle d’entrée est assez grande. On commence déjà à chercher le long des parois et dans les anfractuosités. Un très joli papillon se tient à l’abri. C’est une Découpure (Scoliopteryx libatrix). Ils sont souvent vus à l’entrée des grottes en hiver.
Les Aselles des murs (Oniscus asellus) grouillent au bord des parois.

Les Meta menardi sont partout ! Avec un corps pouvant mesurer jusqu’à 17 mm pour la femelle, elles sont très impressionnantes. Certaines gardent leurs cocons.

Au fond de la première salle, il faut escalader une petite montée.

Photo de Christophe

C’est là que ça se corse, c’est une vraie patinoire ! En s’accrochant aux rebords, on y arrive. il faut être très prudent. Une fois en haut, on prend un passage étroit sur la gauche puis on arrive dans une salle. On fouille un peu partout.

Photo de Christophe

Photo de Christophe
De petites araignées sur leur toile. Après identification (toujours sur insecte.org), il s’agit de Leptoneta microphthalma. Une espèce cavernicole endémique des Pyrénées centrales. Leurs yeux sont pratiquement inexistants !


Je repère un opilion sur une paroi. C’est un Ischyropsalis ! Le genre que je voulais voir. Ils ont une apparence particulière, avec les chélicères très allongés. Comme chez les autres opilions, ils sont en forme de pinces. Cette longueur leur permet d’accéder à leur nourriture, les escargots. Dans cette zone géographique, et avec les chélicères à base fine et sans grandes épines, il y a de très fortes chances que ce soit Ischyropsalis pyrenaea. Il est un peu sale.

Peu après, j’en trouve un autre. C’est un juvénile. probablement de la même espèce, les chélicères sont étroits à la base. Les épines peuvent être présentes chez les juvéniles, et disparaissent ensuite.

Une petite tache orange attire mon attention. C’est aussi un opilion. Au début, je pense à un juvénile, mais non, c’est un petit opilion cavernicole. L’identification est très complexe. Je n’ai pas de documentation, et visiblement les critères son complexes et sur des parties où il faut un bon grossissement et de qualité (griffes, pédipalpes…). Il pourrait appartenir à 3 familles : Travuniidae, Cladonychiidae et Phalangodidae. Le rang le plus bas de la classification est le sous-ordre : Laniatores.

Beaucoup de Carabidae sont au sol. Ce sont des Laemostenus oblongus. Ils apprécient le guano des chauves souris.

Une petite araignée discrète, de la famille des Hahniidae. Deux genres sont possibles : Cicurina et Chorizomma. Le moyen le plus sur (sur photo) pour différencier les deux est la disposition oculaire. Malheureusement, sur mes photos, on ne voit absolument pas les yeux. On en restera donc à la famille, même si Chorizomma subterraneum est très commune dans cette zone et particulièrement dans les grottes, et est déjà connue de cette grotte, et que Cicurina cicur est moins répandue, n’est pas encore connue de cette grotte (ce qui ne veut pas dire qu’elle ne s’y trouve pas), elle est peu citée de grottes et préfère les sous-bois, sous les pierres et les souches, les bords de ruisseaux (cf insecte.org).

Un petit papillon du genre Digitivalva. Genre très compliqué aussi, il manque pas mal d’infos sur certaines espèces Françaises et il serait trop hasardeux de donner un nom d’espèce sur photo.

Au sol, il y a plusieurs Chilopodes. Ce sont des Lithobies, genre Lithobius. Pour aller à l’espèce, il faut au moins une vue ventrale. Il faut faire attention aux crochets à venin qui peuvent faire mal, ce sont finalement des cousines des scolopendres.
Nous avons passé un moment à faire des photos dans la salle, nous faisons demi tour. Il nous paraissait compliqué d’avancer plus loin, donc nous nous étions arrêtés là. En rentrant, je trouve finalement le plan de la grotte. La salle la plus intéressante se trouvait au niveau inférieur, juste après celle que nous avions visité ! Elle est apparemment facilement accessible. Il fallait descendre par un trou et emprunter une pente douce. Nous le saurons pour la prochaine fois. Mais ce sera avec des casques !

9 commentaires

    1. Merci Patricia !
      Oui et encore nous ne sommes pas allé dans la salle inférieure !
      Mes connaissances ne sont que le fruit de recherches intensives et aussi d’aide sur le forum insecte.org et dans quelques livres et publications 🙂
      C’est fou tout ce qu’on peut apprendre !

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  1. Bonjour Jessica,
    je viens de découvrir votre blog, vos photographies et votre expertise sont époustouflantes !! Faites vous cela en amateur ? Je travaille en entomologie agricole et ce type de session photographique/détermination m’intéresse dans le cadre professionnel. Au plaisir d’en discuter avec vous. Raphaël

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Raphael,

      Merci beaucoup c’est très gentil ! Oui je fais ça par plaisir, ce n’est pas du tout mon métier (mais j’aimerais bien !).
      Qu’est-ce que l’entomologie agricole ? Vous travaillez sur la lutte naturelle des ravageurs via leurs parasites par exemple ?
      Je vous laisse mon mail si vous préférez ce mode de communication : tifaeriis@gmail.com

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