Col de Menté 01 mai 2019

Première sortie montagnarde de l’année !
Et cela se passe au col de Menté, sur le chemin qui mène au pic de l’Escalette.

Nous nous garons sur le parking du col, et empruntons la piste forestière qui grimpe. Le but est d’atteindre le sommet que l’on voit sur la photo.

Le chemin est très sympa, et le soleil est au rendez-vous. Nous traversons d’abord la forêt, où nous entendons chanter mésanges noires, grives draines, roitelets (les deux) et bouvreuils. Nous croisons même 3 biches en contrebas.
Nous finissons par dépasser la limite des arbres.

On passe le refuge de l’Escalette et la cabane de berger qui se trouve juste après.

Un arrêt paysage, avec une vue de la chaine Pyrénéenne et de roches escarpées qui peuvent attirer monticole de roche et chocards. Mais pas aujourd’hui !

En contrebas, un Isard (Rupicapra pyrenaica) surveille son paysage.
Nous avons encore un peu de chemin avant d’arriver sur les crêtes.

La prairie attire quelques Pipits spioncelles (Anthus spinoletta). Il y a quelques mâles qui chantent et nous observent.

Les genévriers attirent également quelques Accenteurs mouchets (Prunella modularis). Les mâles commencent à délimiter leur territoire pour la saison de reproduction.
Nous arrivons enfin là haut. La vue est superbe ! Les paysages qui suivent ont été faits par Christophe.


Les genévriers abritent également une punaise qui se nomme Chlorochroa juniperina. On peut la rencontrer jusqu’à 2200m d’altitude. En montagne, elle préfère les zones rocailleuses, mais on la trouve également en plaine, dans les prairies sèches. Elles se nourrit des graines des genévriers.

Beaucoup de Petites tortues (Aglais urticae) volent également. Parfois, elles se posent pour butiner ! Il y a également quelques Moirés printaniers, mais je n’ai pas réussi à les clicher comme il faut.

Une Salticus scenicus sur roche. Sur cet individu, on voit très bien le « X » du céphalothorax.

Surprise en continuant le chemin de rando. Un accouplement de Lézards vivipares (Zootoca vivipara) ! Heureusement que l’on regarde où on met les pieds, car ils ne sont pas bien gros et ne bougent pas. Cette espèce qui apprécie les climats frais et humides a adopté une stratégie de reproduction particulière. Les jeunes naissent d’un œuf éclos dans le corps de la mère avant d’en être expulsé vivant. Cela s’appelle l’ovoviviparité. Mais la sous-espèce des Pyrénées, louislantzi, est ovipare, elle pond donc des œufs qui sont incubés en milieu naturel.
Ce Lézard a un museau assez court et trapu, les écailles de son dos et des côtés de sa tête (temporales) sont plus grosses que chez le lézard des murailles (que l’on peut sans problème rencontrer à cette altitude).

Nous faisons plusieurs images, et décidons après réflexion de tenter de décaler le couple. En temps normal je ne touche pas aux animaux, je me met à leur place et sais qu’ils n’aiment pas les manipulations. Mais aujourd’hui le sentier est très fréquenté en ce 1er mai férié, et la présence des lézards, bien qu’en plein milieu du chemin, ne saute pas aux yeux (pas aux yeux de tout le monde en tout cas). Une main au sol à côté d’eux, l’autre main pour les pousser délicatement dans la première. Le couple monte sans broncher et sans se séparer. Tentative de clichés sur une roche hors sentier.

Après avoir bien rempli les cartes, et le temps de se dire que l’on allait les décaler au sol pour qu’ils ne soient pas visibles par des prédateurs, ils se sont séparés, et ont évolué dans les herbes autour, avant de disparaitre loin des marcheurs.
Il est temps de redescendre. Sur le chemin, des nuées de Bibio lanigerus, reconnaissables à leur pilosité claire, aux nervures de la partie costale de l’aile plus sombres que celles d’en dessous, le ptérostigma pas très sombre et les tibias et tarses orangés. J’ai aussi remarqué que par rapport aux autres espèces que j’ai rencontré (bien que je ne les ai pas encore toutes vues), celle-ci porte plus souvent ses ailes écartées au repos. Ici, des mâles, avec de gros yeux qui se touchent (les femelles ont de petits yeux très espacés).

Je cliche également plusieurs Lézards des murailles (Podarcis muralis) dans la descente. Ils sont vraiment très variables dans leur robe.

Celui-ci est très peu marqué, mais paradoxalement on voit très bien les critères de la robe qui orientent vers cette espèce (mais qui ne sont pas toujours présents). Les écailles bleues sur les côtés du ventre, et la tache noire au-dessus de la patte avant, ici pupillée de crème et qui plus est avec une petite tache bleue à l’intérieur.

En voici d’autres plus contrastés.


*Oiseaux observés*
Bondrée apivore (Pernis apivorus) : 5 passent en vol.
Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) : 1 vole dans la vallée.
Milan noir (Milvus migrans) : 1 passe en vol.
Milan royal (Milvus milvus) : 1 passe en vol.
Vautour fauve (Gyps fulvus) : 3 passent en vol.
Pic noir (Dryocopus martius) : 2 volent en lisière de forêt, se posant d’arbre en arbre.
Accenteur mouchet (Prunella modularis) : Plusieurs chanteurs dans les genévriers au-dessus de la limite des arbres.
Bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula) : Un mâle vu dans la montée (en voiture), puis plusieurs entendus chanter depuis le parking et dans la montée forestière (à pied).
Chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) : Quelques passages au niveau du pic de l’Escalette.
Crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax) : Idem que les chocards.
Grand corbeau (Corvus corax) : 3 ou 4 passent en vol régulièrement au pic.
Grive draine (Turdus viscivorus) : Une vue en montant (en voiture), puis plusieurs chantent dans la forêt.
Hirondelle de rochers (Ptyonoprogne rupestris) : Quelques-unes passent en vol au pic.
Mésange noire (Periparus ater) : Plusieurs chantent dans les bois, un couple vient chercher des matériaux (mousse etc.) au sol dans la forêt.
Monticole de roche (Monticola saxatilis) : Au moins deux mâles chantent.
Pipit spioncelle (Anthus spinoletta) : Plusieurs mâles chantent dans la prairie entre le refuge et le pic.
Roitelet huppé (Regulus regulus) : Plusieurs chantent dans la forêt.
Roitelet à triple bandeau (Regulus ignicapilla) : Idem que le huppé.
Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros) : Au moins 1 dans les rochers derrière la cabane des bergers.

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