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Aeschne paisible (Boyeria irene)

Publié le 5 juillet 2022

Dernière mise à jour il y a 1 mois

Fonscolombe, 1838

Cette libellule se reconnait à sa coloration, évoquant une tenue militaire de camouflage. Elle vole souvent au crépuscule, ce qui est plutôt rare chez les odonates.

Ordre : Odonata
Sous-ordre : Anispotera
Infra-ordre :
Super famille : Aeshnoidea
Famille : Aeshnidae
Sous-famille : Brachytroninae
Tribu : Gomphaeschnini
Genre : Boyeria
Espèce : Boyeria irene

Difficulté de détermination

Statut de conservation

Espèce protégée

Préoccupation mineure au niveau national, européen et mondial. Elle est toutefois classée Quasi-menacée en Franche-Comté, dans le Limousin et le Poitou-Charentes.

Menaces

Bien que classée en Préoccupation mineure, l’assèchement des rivières menace plusieurs populations, notamment dans les régions où elle est considérée comme Quasi-menacée. L’artificialisation des berges lui nuit également, car elle a besoin que ces dernières soient bien végétalisées pour le développement des larves. Les ripisylves lui sont donc importantes, tant pour les larves que pour les adultes qui apprécient les berges ombragées. L’eutrophisation de l’eau semble lui nuire (eutrophisation qui est limitée lorsque la ripisylve est préservée).

Identification

L’Aeschne paisible (Boyeria irene) est de couleur terne, avec des dessins semblables à un camouflage militaire. Elle est brun grisâtre, avec des marbrures vert grisâtre ou vert bleuâtre, formant de larges bandes à la base des segments. L’abdomen est large à la base, fortement rétréci au centre de S3. Elle possède une zone sombre indistincte sur le front. Les yeux sont verts, bruns chez les individus immatures. Le champ médian des 4 ailes possède 2 à 4 nervures transverses. Nrs et Nms sont surmontées de deux rangées de cellules. L’IR3 n’est pas fourchue.
• Le mâle a une tache sombre à l’apex des ailes, le dessus des deux derniers segments abdominaux est entièrement vert, il possède des oreillettes latérales sur S2 et un triangle anal aux ailes postérieures.
• La femelle peut parfois posséder une tache sombre à l’apex des ailes, le dessus des deux derniers segments abdominaux n’est pas particulièrement plus clair, elle ne possède pas d’oreillettes sur les côtés de S2 ni de triangle anal. Il existe deux formes, une à cerques courts (f. brachycerca) et une à cerques longs (f. typica).

Autres noms

Spectre paisible, Aeschne Irène

Étymologie

• Le nom de genre Boyeria a été créé en l’honneur d’Étienne Boyer de Fonscolombe, descripteur de l’espèce (qu’il avait initialement nommée Aeshna irene).
• Pour le nom d’espèce irene, j’ai trouvé deux versions : la première fait référence au grec eirênê qui veut dire « paix, pacifique », en référence au comportement calme et peu craintif de cette espèce. La seconde, qui je pense est la plus juste, fait référence au prénom Irène, fille d’Étienne Boyer de Fonscolombe. Le spécimen type a été capturée à Saint-Zacharie (Var), où Irène de Fonscolombe avait hérité de sa mère  le domaine du Moulin Blanc.

Taille

63 à 71 mm de long, 78 à 90 mm d’envergure. 32 à 44 mm de long pour la larve au dernier stade.

Habitat

Ruisseaux, rivières et fleuves aux berges ombragées. Parfois aussi dans les lacs, notamment en Suisse et dans les Alpes françaises. Jusqu’à 1300m d’altitude.

Répartition géographique

Comportement

Son vol est lent et discret, souvent à l’ombre en journée. Elle sort dans des zones plus dégagées au crépuscule pour chasser, pouvant s’éloigner des cours d’eau, et est alors régulièrement observée posée sur les murs de divers bâtiments.

Période de vol

De fin juin à fin septembre, avec un pic en juillet-août.

Hivernation

Larve.

Cycle

La femelle pond seule dans la mousse, la terre humide et les racines tendres, au niveau des berges là où la végétation plonge dans l’eau (en particulier les racines des arbres). Ils éclosent rapidement. Les larves, trapues et au côtés de l’abdomen épineux, vivent surtout dans la végétation aquatique des rives, particulièrement dans les racines immergées. La phase larvaire dure de 2 à 3 ans. Les émergences ont lieu surtout de nuit. Les imagos se dispersent ensuite et deviennent matures au bout de 2 semaines.

Réseau trophique

La larve se nourrit de larves de divers invertébrés, comme par exemple les larves de moustiques, de chironomes, d’éphémères, de larves de libellules plus petites, de petits crustacés comme les gammares, mais aussi parfois de petits alevins ou de têtards. Elles servent de nourriture à d’autres invertébrés aquatiques comme les dytiques, aux oiseaux, aux poissons et aux amphibiens.
L’adulte se nourrit d’insectes volants, en particulier de mouches et de moustiques, mais aussi d’autres odonates, de papillons, de plécoptères, de trichoptères, d’éphémères, voire d’hyménoptères. Il sert de nourriture à quelques espèces oiseaux et à certaines araignées tissant des toiles, ainsi qu’aux grenouilles.

Régime

Larve et adulte sont carnassières. La larve chasse surtout à l’affût, cachée dans la végétation aquatique ou les sédiments, attrapant les proies qui passent à sa portée.

Espèces semblables

Sa tenue de camouflage est caractéristique.
La nervation est également unique. Chez les autres membres de la famille, le champ médian ne possède pas de nervures transverses. Les Aeshna ont en plus la nervure Ir3 fourchue, Nrs et Nms sont surmontées de minimum trois rangées de cellules.
La femelle de la forme brachycerca (à appendices anaux courts) est encore plus facile à reconnaitre du premier coup d’œil car chez les femelles des autres Aeshnidae de France, les appendices anaux sont longs.

Sources

• Guide des libellules de France et d’Europe, Les guides du naturaliste
Le blog de jean-yves cordier
• Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg, Parthénope collection
Poitou-Charentes Nature
INPN
GBIF
Les Odonates, biologie et écologie
Réseau trophique à la mare
Shna-Ofab
Dragonfly Guide

2022

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