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Moyen nacré (Argynnis adippe)

Publié le 17 juillet 2022

Dernière mise à jour il y a 3 semaines

Denis & Schiffermüller, 1775

Ce grand papillon aime butiner les fleurs mauves en lisière de forêt. Sa chenille se nourrit de violettes.

Ordre : Lepidoptera
Sous-ordre : Glossata
Infra-ordre : Heteroneura
Super famille : Papilionoidea
Famille : Nymphalidae
Sous-famille : Heliconiinae
Tribu : Argynnini
Genre : Argynnis
Espèce : Argynnis adippe

Difficulté de détermination

Statut de conservation

Préoccupation mineure à l’échelle de l’Europe et de la France, mais Quasi menacé en Occitanie, Poitou-Charentes et Aquitaine, Vulnérable en Ile-de-France, En danger dans les Pays de la Loire, En danger critique en Picardie, Disparu de Haute-Normandie, du Nord-Pas-de-Calais et de Bretagne.

Menaces

L’espèce régresse, en particulier dans le nord et l’ouest de la France. L’assombrissement des forêts due à la monoculture des résineux ne laisse plus passer de lumière au sol et les violettes, plantes hôtes de l’espèce, ne peuvent plus pousser. La disparition des prairies touffues est aussi un danger pour cette espèce. Le fauchage et l’entretien à outrance ne laissent pas le temps aux chenilles de grandir ni aux plantes hôtes de pousser. De plus, cette espèce a grand besoin de nectar au stade adulte, les fleurs doivent donc être abondantes.

Identification

Le Moyen nacré (Argynnis adippe) a le dessus des ailes orange vif à taches noires. La marge externe des ailes antérieures est concave. Sur le dessus des ailes antérieures, la tache ronde postdiscale de l’espace 4 est plus petite que les autres. Le dessous de l’aile postérieure possède une série d’ocelles postdiscaux argentés cerclés de roux ; le haut de la cellule ne possède pas de petit point noir isolé (sauf cas extrêmement rare), parfois seulement un petit point blanc près de la base ; la tache de l’espace 4 est petite, ne touchant pas ou peu les nervures adjacentes ; les taches claires à la base des espaces 4 et 5 sont uniformément orangées ; la tache de l’espace 7 est généralement bien rousse, claire aux extrémités, contrastant bien avec les taches plus jaunes des espaces 4, 5 et 6 ; les nervures sont recouvertes d’écailles jaunes.
Le mâle possède deux stries androconiales épaisses sur les nervures 2 et 3 du dessus des ailes antérieures que ne possède pas la femelle.
Plusieurs formes ont été décrites :
• La forme adippe possède sur le dessous de l’aile postérieure des taches nacrées, y compris celles près de la marge, et pas ou peu de suffusion verte.
• La forme cleodippe ressemble à la forme adippe mais les taches submarginales du dessous de l’aile postérieure ne sont pas nacrées, seulement de couleur un peu plus pâle que le fond de l’aile.
• La forme cleodoxa ne possède aucune tache nacrée (les taches sont un peu plus claires que le fond de l’aile) et pas de suffusion verte sur le dessous de l’aile postérieure. Elle est commune dans les Pyrénées et au sud de la Fennoscandie.
• La forme chlorodippe a le dessous de l’aile postérieure nettement et largement suffusé de vert, les taches nacrées sont présentes (y compris les submarginales). Elle vole sur le versant espagnol des Pyrénées.

Autres noms

Nacré pupillé d’argent, Fabriciana adippe

Étymologie

Comme beaucoup d’autres papillons, son nom fait référence à la mythologie grecque.
Argynnis vient du nom du temple d’Aphrodite (Vénus pour les Romains), Argyneion, bâti par Agamemnon, roi de Mycènes, sur les bords du fleuve Céphise en souvenir de son amant le jeune Argynnus qui s’y était noyé.
• Le nom d’espèce, donné par Linné dans Fauna Suecica de 1761, était à l’origine cydippe, nom d’une Néréide. Mais ce nom avait déjà été attribué par Clerck à une autre espèce de papillon exotique. Linné remplace donc de manière arbitraire cydippe par adippe en écrivant que dans Fauna Suecica, il avait utilisé adippe mais que cela avait été lu par erreur cydippe. Le nom adippe a été repris par Denis & Schiffermüller en 1775, et en 1958 la CINZ a définitivement supprimé le nom cydippe pour le remplacer par adippe, mais avec Denis & Schiffermüller comme auteurs.

Taille

50 à 65 mm d’envergure.

Habitat

Milieux ouverts et fleuris près des zones forestières, de 0 à 2100m.

Répartition géographique

Comportement

Il butine souvent les chardons, les bardanes et les centaurées, également les ronciers, mais on l’observe aussi assimilant les sels minéraux au sol.

Période d’observation

Une seule génération par an.

Hivernation

Chenille formée à l’intérieur de son œuf.

Plantes hôtes

Violettes (Viola).

Cycle

Les oeufs sont pondus isolément sur les feuilles et les tiges de diverses espèces de plantes sèches, à proximité de la plante hôte, rarement dessus, au mois de juillet. En effet, l’œuf devant passer l’hiver, il y a plus de risques qu’il pourrisse sur les feuilles de violettes flétrissantes à la mauvaise saison. Les chenilles éclosent l’année suivante, à partir de mars. Au premier stade, elles peuvent manger les fleurs, mais se contentent ensuite des feuilles. Leur activité est diurne et la nuit, elles se cachent parmi les feuilles mortes près de leur plante nourricière. Leur développement dure 2 à 3 mois. La nymphose a lieu sur une tige robuste près du sol, parfois dans un abri formé de feuilles réunies par de la soie. La chrysalide est souvent éloignée de la plante hôte. Le papillon éclot au bout d’un mois.

Oeuf

Il est de forme conique, à nombreuses côtes saillantes longitudinales et à structure striée transversalement. Il est de couleur jaunâtre à beigeâtre pâle.

Chenille

Elle peut atteindre 38 mm de long. Son corps est brun rougeâtre, brun foncé ou noir parsemé de petites taches blanches. Elle possède une ligne médiane blanche plus ou moins nette sur le dos. La base de chaque segment est ornée d’une tache noire (recouverte par la ligne médiane blanche). Le corps est recouvert de scoli coniques, rosâtres ou orangés. La tête est brunâtre ou rousse.

Chrysalide

D’un brun assez clair, elles est parfois camouflée dans des feuilles réunies par de la soie.

Parasitoïdes

• Hymenoptère Braconidae (parasite les chenilles) : Cotesia adippevora
• Hyménoptères Ichneumonidae (parasitent les chenilles) : Apechthis quadridentata, Apechthis rufata, Blapsidotes vicinus, Pseudoamblyteles homocerus, Pseudoplatylabus violentus
• Hyménoptère Pteromalidae (parasite les chrysalides) : Pteromalus puparum

Réseau trophique

Comme beaucoup d’autres lépidoptères, la chenille est une source importante de nourriture pour les oiseaux. Elle sert aussi de garde-manger aux larves des parasitoïdes qui dépendent d’elle. Elle peut également être consommée par d’autres arthropodes, comme les punaises de la sous-famille des Asopinae.
Les papillons sont d’importants pollinisateurs et sont consommés par d’autres arthropodes comme les libellules, les araignées, les mouches chasseresses (Asilidae). Certains oiseaux arrivent à les attraper pour en faire leur repas.

Régime

Le papillon se nourrit de nectar, la chenille de feuilles.

Espèces semblables

Il est beaucoup plus aisé d’identifier cette espèce avec le dessous des ailes qu’avec le dessus.
• Le Chiffre (Argynnis niobe) est le plus ressemblant. Sur le dessous de l’aile postérieure, a tache de l’espace 4 est plus grande et touche les nervures adjacentes ; les nervures sont plus nettement soulignées de noir ; il possède souvent un petit point noir isolé, lui-même dans une petite tache blanche, dans le haut de la cellule (A. adippe peut très rarement en posséder un aussi) ; les taches claires à la base des espaces 4 et 5 sont envahies d’une zone brun-roux ; la tache de l’espace 7 est généralement claire, avec peu de roux dedans, ne contrastant pas particulièrement avec les taches des espaces 4, 5 et 6. La marge externe des ailes antérieure est droite ou convexe. La femelle possède souvent une suffusion bleu vert à la base des aile (sur le dessus). Chez la femelle toujours, les taches de l’apex du dessus des ailes antérieures sont souvent plus claires, et les marques noires le long des nervures du dessus des ailes antérieures sont souvent plus épaisses. Les bandes androconiales du mâle sont plus minces.
• Le Grand nacré (Argynnis aglaja) ne possède pas de petits ocelles postdiscaux sur le dessous des ailes postérieures. Les bandes androconiales du mâle sont plus minces.
• Le Petit nacré (Issoria lathonia) est plus petit, les taches nacrées du dessous de l’aile postérieure sont plus grandes. Le dessus des ailes est orné de taches noires rondes plus grosses.

Sources

• Papillons de France, Tristan Lafranchis
• Guide photo des papillons d’Europe, Delachaux et Niestlé
• Papillons d’Europe et d’Afrique du nord, Delachaux et Niestlé
• Guide des chenilles d’Europe, Les guides du naturaliste.
Lepidoptera
GBIF
lepinet.fr
INPN
Identify Butterflies: Fritillaries, Blues, Coppers, Hairstreaks
HOME on euroButterflies
Le blog de jean-yves cordier
European Lepidoptera and their ecology
Jim Lindsey (commanster.eu)
Cotesia cameron parasitoids of Heliconiinae in Europe, with description of three new species, Mark R. Shaw
(PDF) Parasitoids of European Butterflies
Shna-Ofab
NatureGate
Lepiforum e.V.
Forêt de Fontainebleau
learnaboutbutterflies.com
Comparatif A. niobe / A. adippe

2022

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