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Salamandre tachetée (Salamandra salamandra)

Publié le 6 octobre 2022

Dernière mise à jour il y a 4 mois

Linnaeus, 1758

Les taches vives de la salamandre lui permettent de se camoufler en forêt, lorsque la lumière perce entre les feuilles et les branches des arbres. Mais elles servent aussi d’avertissement pour les prédateurs. En effet, les glandes du dos et de l’arrière de la tête produisent une sécrétion toxique, dangereuse pour qui la mange. Elle est en revanche sans danger pour l’homme.

Ordre : Urodela
Sous-ordre : Salamandroidea
Infra-ordre :
Super famille :
Famille : Salamandridae
Sous-famille : Salamandrinae
Tribu :
Genre : Salamandra
Espèce : Salamandra salamandra

Difficulté de détermination

Statut de conservation

Espèce protégée

Préoccupation mineure à l’échelle nationale, européenne et mondiale, mais Quasi menacée en Picardie et Nord-Pas-de-Calais.

Protection / Menaces

Malgré son statut de conservation, cette espèce est en régression et souffre de la déforestation ainsi que de la destruction et de la pollution de ses habitats de reproduction. Lors des migrations nuptiales, la circulation routière est une menace non négligeable. Il y a aussi une espèce de champignon originaire d’Asie centrale, Batrachochytrium salamandrivorans, qui a quasiment détruit les populations néerlandaises. Il a également été trouvé en Belgique.

Identification

La Salamandre tachetée (Salamandra salamandra) a un corps allongé et assez boudiné. Ses pattes et ses doigts sont courts, ainsi que la queue qui est cylindrique. Sa peau est lisse et luisante. Elle possède des glandes parotoïques proéminentes derrière les yeux. Son corps est noir plus ou moins taché de jaune voire d’orange. Les motifs sont très variables et diffèrent selon les individus et plus largement les sous-espèces.
En Europe de l’ouest et au nord-ouest de la Péninsule Ibérique, elle possède souvent deux rayures dorsolatérales discontinues. En Europe de l’est elle est souvent tachée de façon irrégulière. Plusieurs populations ibériques ou grecques possèdent des taches rouges supplémentaires.
• La femelle est généralement plus grande que le mâle et a les pattes et la queue un peu plus courtes. Son cloaque est plat.
• Le mâle à le cloaque renflé, surtout en période de reproduction.

Il existe plusieurs sous-espèces :
S. s. salamandra (Linnaeus, 1758) : Europe de l’est jusqu’au centre de l’Allemagne, Alpes et nord et centre de l’Italie.
S. s. almanzoris (Müller et Hellmich, 1935) : sierras de Gredos et de Guadarrama.
S. s. bejarae (Wolterstorff, 1934) : Espagne centrale dans les sierras entre Madrid, Salamanque et Burgos, jusque dans les monts de Tolède. Absente de la Sierra de Gredos.
S. s. bernardezi (Wolterstorff, 1928) : Monts Cantabriques, nord-est de la Galice, Asturies et parties orientales de la Cantabrie.
S. s. crespoi (Malkmus, 1983) : sud du Portugal.
S. s. fastuosa (Schreiber, 1912) : ouest de centre des Pyrénées, nord de l’Espagne.
S. s. gallaica (Seoane, 1884) : nord-ouest de l’Espagne, nord et centre du Portugal.
S. s. gigliolii (Eiselt et Lanza, 1956) : majeure partie de l’Italie continentale.
S. s. longirostris (Joger et Steinfartz, 1994) : collines et montagnes des provinces de Cadix et ouest de Malaga.
S. s. morenica (Joger et Steinfartz, 1994) : Sierra Morena, Sierra de Alcaras et Sierra de Cazorla, entre les fleuves Guadiana et Guadalquivir. Parties septentrionales de la province de Jaen.
S. s. terrestris (Lacépède, 1788) : de l’est des Pyrénées et du nord-est de l’Espagne à la majeure partie de l’ouest de l’Allemagne, en passant par la France, la Belgique, les Pays-Bas et la Suisse.
S. s. werneri (Sochurek et Gayda, 1941) : Péloponnèse, Grèce.

Étymologie

Son nom vient du latin Salamandra, emprunté au grec, qui désignait cet animal.

Taille

15 à 25cm de long, 20 à 30 mm à la naissance.

Longévité

Elle vit 9 ans en moyenne, mais certains individus ont vécu jusqu’à 30 ans, une salamandre en captivité aurait même vécu pendant 5 ans !

Habitat

Forêts de feuillus ou mixtes de collines et de montagnes, près d’un point d’eau, avec de nombreux abris. Parfois au-dessus de la limite des arbres. En méditerranée, oliveraies, forêts de chêne-liège, maquis, jardins. Jusqu’à 2300m.

Répartition géographique

Période d’observation

Toute l’année si les conditions sont favorables.

Hivernation

Adulte sous les touffes d’herbes et dans les mousses, parfois aussi larves qui termineront leur développement l’année suivante.

Comportement

C’est une espèce essentiellement nocturne, mais elle peut sortir en journée par temps humide ou pluvieux. Le jour, elle se tient à l’abri sous les pierres, les souches, les racines ou dans les galeries de rongeurs abandonnées. Elle se déplace lentement et est incapable de fuir à toute allure comme un lézard par exemple en cas de danger, mais ses couleurs vives sont un moyen de défense tout aussi efficace. Elle est terrestre et ne va dans l’eau que pour donner naissance à ses petits.

Maturité sexuelle

2 à 4 ans

Reproduction

En période de reproduction (potentiellement toute l’année sauf en hiver), les mâles se tiennent dressés sur leurs pattes avant, à l’affût d’une partenaire. Ils peuvent se battre entre eux. Lors de l’accouplement, qui se déroule sur la terre ferme, il se glisse sous la femelle, saisit ses avant-bras avec les sien et se presse contre son ventre. Il dépose un spermatophore que la femelle récupère avec son cloaque. Les larves (10 à 25 par femelle, voire jusqu’à 70) sont déposées quelques mois plus tard dans les ruisseaux, les mares et même les ornières inondées. Certaines populations du nord de la Péninsule ibérique sont vivipares et donnent naissance à des jeunes formés n’ayant pas besoin de passer par le stade aquatique.

Larves

Elles ont de courtes branchies externes ramifiées et une crète dorsale. Elles sont grises ou roussâtres, à reflets métalliques verdâtres ou dorés, avec des taches brunes irrégulières et des taches jaunes à la base des pattes. Au bout de 3 à 4 mois, les branchies disparaissent et elles quittent l’eau pour une vie en surface.

Régime

Les larves se nourrissent de larves d’éphémères et de plécoptères, de gammares, de vers aquatiques… Les adultes se nourrissent d’invertébrés de la litière forestière : vers de terre, limaces, myriapodes, cloportes, perce-oreilles et carabes.

Réseau trophique

Les adultes n’ont pas de prédateurs à part l’homme. Les jeunes en revanche peuvent être la proie des carabes forestiers, et les larves se font manger par les grosses larves de libellules et les poissons.

Espèces semblables

La Salamandre de Corse (Salamandra corsica) est très semblable, ses pattes et ses doigts sont souvent plus courts et plus épais. On ne la trouve qu’en Corse, où la salamandre tachetée n’est pas présente.

Sources

• Guide des amphibiens et reptiles de France et d’Europe, Delachaux et Niestlé
INPN
Reptiles et Amphibiens (faunedefrance.org)
AmphibiaWeb
Quel est cet Animal ?
Nature Midi-Pyrénées
Portail des parcs nationaux de France
Karch
Wikipédia

2022

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